* Bénéfice opérationnel ajusté inférieur aux attentes
* Chiffre d'affaires +13%, la croissance atteint 32% en Amérique du Nord
* L'action Stellantis en forte baisse à Milan
(Actualisé avec précisions, cours, commentaire, téléconférences)
par Giulio Piovaccari
Antonio Filosa, directeur général de Stellantis STLAM.MI , a prévenu jeudi que la refonte stratégique du groupe ne porterait pas ses fruits du jour au lendemain, après la publication par le quatrième constructeur automobile mondial d'un bénéfice opérationnel inférieur aux attentes au deuxième trimestre, sanctionné en Bourse.
En mai, le groupe né de la fusion entre PSA et FCA a présenté un plan stratégique de 60 milliards d'euros dans le cadre duquel il prévoit de lancer 60 nouveaux modèles d'ici 2030 et de regagner les parts de marché perdues aux Etats-Unis sous la houlette de Carlos Tavares, une dégradation qui avait précipité le départ du prédécesseur d'Antonio Filosa fin 2024.
"Nous avons besoin de temps (...) ce ne sont pas des défis que l'on règle en une nuit", a dit Antonio Filosa au cours d'une téléconférence de presse. "Nous sommes sur la bonne voie (...) nous exécutons le plan correctement et aussi vite que possible."
A la Bourse de Milan, l'action perdait 5,62% à 4,99 euros vers 14h15 GMT, après avoir plongé de jusqu'à 8% dans les premiers échanges.
Le groupe a annoncé jeudi une hausse de 13% de son chiffre d'affaires au deuxième trimestre à 43,5 milliards d'euros, en ligne avec un consensus d'analystes établi par Reuters qui donnait 43,4 milliards, grâce notamment au redressement de ses activités en Amérique du Nord (+32%).
Mais si son bénéfice opérationnel ajusté est ressorti à 773 millions d'euros, presque quatre fois la performance du même trimestre de 2025, il est inférieur cette fois au consensus de 914 millions d'euros.
Les analystes de Citi ont indiqué que la marge d'exploitation ajustée de Stellantis restait faible, à 1,8%, et "déconcertante" compte tenu de la forte croissance du chiffre d'affaires d'un trimestre à l'autre.
Ils ont cité comme facteurs défavorables une évolution des prix fortement négative en Europe, la hausse des coûts administratifs et de recherche et développement, des fluctuations monétaires défavorables et les droits de douane.
En Amérique du Nord, la performance de Stellantis a été soutenue par la demande pour les pick-ups Ram et les modèles Jeep à plus forte marge, priorité d'Antonio Filosa pour regagner les clients partis à la concurrence.
Fabio Caldato, gérant de fonds chez AcomeA Sgr, actionnaire de Stellantis, a toutefois souligné que cette bonne performance était aussi due au stockage par les concessionnaires, et il a préconisé un "nettoyage" avant que Stellantis puisse vraiment monter à nouveau en gamme.
En Europe, le chiffre d'affaires a revanche stagné parce que le groupe a baissé ses prix et augmenté ses ventes sur des canaux à fort volume pour accroître ses ventes unitaires et contrer la concurrence des nouvelles marques chinoises.
PRÉVISIONS CONFIRMÉES
Le constructeur automobile franco-italo-américain, qui avait déjà renoué au premier trimestre avec un bénéfice après de lourdes pertes imputables à des charges exceptionnelles liées au remaniement de sa stratégie, a confirmé ses objectifs de redressement pour 2026 et 2027.
Le groupe, dont les free cash flow industriels sont redevenus positifs d'un trimestre sur l'autre, à hauteur d'un milliard d'euros - après une hémorragie de 1,9 milliard au premier trimestre - vise toujours cette année une croissance dans le milieu d'une fourchette à un chiffre de son chiffre d'affaires.
Il table aussi sur une marge opérationnelle dans le bas d'une fourchette à un chiffre et sur une amélioration en 2026 de ses free cash flow industriels, attendus positifs en 2027.
Antonio Filosa s'est attaché à rétablir les volumes de vente et à regagner des parts de marché, pariant sur le fait qu'une reprise des ventes jetterait les bases d'un redressement plus large du groupe.
Stellantis a par ailleurs dit s'attendre à ce que les coûts liés aux droits de douane américains s'élèvent à un total de 1 à 1,2 milliard d'euros en 2026, et a averti que ses résultats du second semestre seraient concentrés sur le quatrième trimestre en raison d'un arrêt de production prévu pendant l'été.
Volkswagen et BMW ont eux aussi publiés des résultats trimestriels décevants à cause de la concurrence chinoise, des droits de douane et de la hausse des coûts, tandis que Renault a fait état de résultats semestriels supérieurs aux attentes.
(Reportage Giulio Piovaccari, avec Gilles Guillaume à Paris, Nick Carey à Londres et Nora Eckert à Detroit, avec Etienne Breban, édité par Bertrand Boucey)

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